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2A . Jean Sidobre

Le premier livre que j'ai lu toute-seule-comme-une-grande a été un Oui-Oui, d'Enid Blyton.

Je le gagnais à l'issue d'un pari ayant pour objet le nombre respectif de bosses du chameau et du dromadaire
Je détenais un avantage certain sur mon adversaire (en l'occurence ma maman) puisque que je venais d'apprendre à l'ecole que, attention il faut suivre:
" Comme le dromadaire il a le "d" de "deux" dans son nom, il n'a qu'une bosse, alors que le chameau qui n'a pas le "d" de "deux" il a deux bosses."
La logique inverse et égalitaire de cette astuce mnémotechnique me ravit encore aujourd'hui...
Bref.

Je nourrissais à l'époque une grande passion pour les livres-cassettes que je lizécoutais sur mon Fisher Price marron-magnifique (qui est à la couleur ce que le poisson panné est à la gastronomie).
J'en demandais donc un, en gage de reconnaissance de mon éclatante supériorité culturelle générale.

Par un concours de circonstances encore obscures aujourd'hui, j'eus en place du livre-cassette, initialement demandé, un Oui-Oui.
Le début de mon histoire d'amour avec la lecture silencieuse, la bibliothèque rose, et les auteurs anglais.

Au bout de trois tomes, je décidais qu'il était temps pour moi de passer à de plus sérieuses lectures, et optais désormais pour le Club des Cinq, du meme auteur.

Entre les coupes de cheveux, celles des vêtements et l'arrivée du fluo, les années 80 ont été dures, esthétiquement parlant.
Mais nos Clubs des Cinq étaient illustrés par Jean Sidobre.

Ce que j'aime chez Sidobre c'est que tous les personnages sont toujours dynamiques, en mouvement, même quand ils ne font rien de spécial...

01A. l'illustratrice Boiry

Pendant longtemps les livres ont été la principale nourriture de ma Tortue.
Petite, je les préférais:
-anglais (traduits à cette époque),
-d'aventure et/ou de suspens,
-non abrégés et
-le plus épais possibles.

Et tant mieux si ils m'arrivaient entre les mains après avoir baroudé un peu au gré des lecteurs précédents: les pages cornées, tachées, et fleurant bon le grenier m'étaient plus précieuses que celles des éditions neuves, parce que l'appréciation présupposée des précédents propriétaires, rejoignant celle que j'éprouvais tandis que je parcourais les lignes, dévorais les paragraphes et engloutissais les chapitres nous unissait dans une complicité qui transcendait celle du plaisir finalement bien solitaire de la lecture.

Je confesse sans honte, mais pas sans amusement rétrospectif, que je ne prêtais alors aucune attention aux images accompagnant les récits.
Jusqu'à ce livre de Frances H. Burnett, traduit par Jeanne Fournier-Pargoire, publié dans la Collection Bibliothèque Rose d'Hachette et surtout, surtout... illustré par Boiry,


Princesse Sarah

Et pour la première fois je vis les illustrations.
Et quelles illustrations!
Encore jusqu'à ce jour, j'aime tout du travail de Boiry: la délicatesse de son trait, ses compositions audacieuses mais pas tapageuses, le travail subtil des textures, le charme discret des personnages qu'elle met en scène.

Pour moi ce sont des illustrations qui démontrent d'un vrai savoir-vivre. On dit le style anglais. C'est sans doute parce que les images se comportent avec confiance, sobriété et distinction: elles ne clament pas de façon outrancière qu'elles complètent le texte, parce que ce serait alors impliquer que le texte est incomplet.
Non, elles accompagnent, avec une discrète élégance qui les rend délicieuses, un récit qui pourrait se suffire à lui-même, et qui pourtant, après leur avoir été associé, semble nu si on le retrouve seul.
Un bel exemple de synergie en somme...

Voici donc quelques images extraites du Princesse Sarah publié chez Hachette illustré par Boiry
Et je rajoute à l'album quelques autres images tirées de différents récits parus chez Bayard Presse.